C’était le 8 Mai 1945 : la prise de la Ville de Berlin par les Alliés et le suicide d’Hitler marque l’ultime bataille de la Seconde Guerre Mondiale en Europe, c’est la capitulation du Troisième Reich.

 En France, la Troisième République, s’était effondrée après la défaite de Juin 1940. La Droite républicaine et chrétienne qui avait gouverné pendant la décennie d’avant-guerre, est considérée comme responsable du désastre de la Seconde Guerre. C’est donc logiquement qu’elle ne sera pas représentée au Gouvernement. Le Parti Communiste Français et la S.F.I.O. (Section Française de l’Internationale Ouvrière) sont propulsés sur le devant de la scène.  

La première tâche est de doter l'Hexagone d'une nouvelle doctrine républicaine. Un projet de Constitution est massivement rejeté par les Français lors d’un référendum. En effet, le Gouvernement souhaitait instaurer un régime parlementaire dont l’essentiel du pouvoir de décision serait concentré entre les mains d’une seule assemblée. Craignant sans nul doute un retour du chaos de la Révolution et de ses troubles politiques, les Français imposent aux dirigeants de rédiger une nouvelle Constitution.

Le 21 Octobre 1945, le Gouvernement Provisoire de la République Française décide d'organiser deux scrutins :

- Elections législatives (Assemblée Nationale)

- Référendum permettant à l'Assemblée Nationale de limiter ses pouvoirs.

Les Français approuvent à une très large majorité (96% des suffrages exprimés) de ratifier le projet du référendum.

Entrée en fonction, la nouvelle Assemblée Nationale nomme le nouveau Chef du Gouvernement : Charles de Gaulle. Il se méfie des Communistes, et ne donne que cinq ministères à ces derniers. Il nomme six de ses proches à diffèrents ministères, qui ne sont issus d'acuns partis à la Chambre Basse. C'est une véritable levée de boucliers qui s'en suit. La rédaction de la nouvelle Constitution est également un point de divergence : aucun des partis au pouvoir ne se met d'accord sur les termes régissant le prochain régime. De Gaulle souhaite un régime bicaméral (deux chambres parlementaires) et un Président de la République puissant "au dessus de tous les partis". Les Socialistes et Communistes souhaitent un retour à un système monocaméral (plein pouvoir à une chambre parlementaire). La demande des Socialistes de diminuer les budgets militaires de 20% termine d'énerver Charles de Gaulle, et entraine sa démission de manière fracassante le 20 Janvier 1946. C'est alors Felix Gouin qui lui succède. De Gaulle étant le seul obstacle aux Socialistes, ils ont maintenant le champ libre pour rédiger une Constitution monocaméral : une Assemblée Nationale élue au suffrage universel direct, le Sénat dissolu en deux assemblée consultatives. L'éxecutif, serait quant à lui, divisé entre un Président de la République élu par l'Assemblée Nationale aux pouvoirs limités, et un Président du Conseil. Le Président du Conseil serait lui aussi, élu par l'Assemblée Nationale, et aurait pour rôle de faire approuver le programme et la composition de son Cabinet (Gouvernement). Le projet est rejeté par référendum le 5 Mai 1946, par 53 % des suffrages exprimés. L'Assemblée Nationale est dissoûte, une nouvelle élection se tient le 2 Juin.

Le résultat du scrution réfléte l'ancienne tendance : les Communistes obtiennent 26% des voix, mais sont distancés du M.R.P. de De Gaulle. Seule la Droite voit ses résultats en forte diminution.

Durant l'été 1946, l'Assemblée Nationale propose un nouveau schéma de Constitution, reprenant celui qui fut rejeté, mais le corrige en maintenant les deux chambres parlementaires (système bicaméral). L'Assemblée Nationale aurait pour rôle de voter les lois en première lecture, et le Sénat de les ratifier en seconde lecture. L'éxécutif, lui ne change pas de la réforme rejetée : le Président de la République ne disposerait pas de rééls pouvoirs, pouvoirs qui seraient détenus par le Président du Conseil (équivalent du Premier Ministre). Toutefois, le Président de la République demeure chef des armées. Fortement critiqué par le Général de Gaulle, le projet est approuvé par les Français, lors du référendum du 13 Octobre 1946 avec 53% des voix.

 

  • Le Président de la République :

 Elu pour un mandat de sept ans, il a un rôle plus représentatif qu'autre chose. Toutefois, il conserve deux atouts qui lui permet de faire entendre sa voix : il nomme le Président du Conseil et peut dissoudre l'Assemblée Nationale.

  • Le Président du Conseil :

 Il est proposé par le Président de la République, et c'est à l'Assemblée Nationale de le confirmer. Il nomme aux emplois civils et militaires, exécute les lois, contresigne tout les actes du Président de la République.

  • L'Assemblée Nationale :

Elus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans, ses membres disposent de pouvoirs supérieurs à ceux du Sénat. L'Assemblée investit, contrôle, et peut renverser par une motion de censure le Gouvernement. Elle vote aussi la loi.

  • Le Conseil de la République :

Ses membres sont élus par tiers tous les trois ans, pour une durée de neuf ans au suffrage universerl indirect. Le Conseil dispose d'une seul droit consultatif sur la loi, qu'il ratifie.

 


 

La Quatrième République est sans doute la plus instable ! Paradoxalement, c'est à son crédit qu'il faut saluer le retour de la croissance économique et le reconstruction des infrastructures détruites pendant la guerre et les bombardements ennemis.

 Pour ce faire, les secteurs stratégiques sont carrément nationalisés (Banque de France, assurances, énergies, transports. C'est à cette occasion que Charbonnage de France, ainsi que l'E.D.F. - G.D.F. sont créés).

Les Gouvernements se succédant les uns aux autres (24 Gouvernements), c'est surtout les hauts-fonctionnaires qui décident. Beaucoup de progrès sociaux sont à ajouter au bilan de la Quatrième République : le droit de vote aux femmes (elles font par ailleurs, leur apparition au sein de l'Assemblée Nationale). La Sécurité Sociale est instaurée à la Libération ! Les entreprises de plus de cinquante salariés doivent désormais posséder un Comité d'Entreprise (C.E.). On lui doit également la troisième semaine de congés payés.

300x250 canalplus promo 75 A l'issue de la Seconde Guerre, la Guerre Froide se dessine. Les deux grands vainqueurs (Etats-Unis d'Amérique, et U.R.S.S. - l'Europe se reconstruisant, elle ne joue pas un grand rôle), commencent à lorgner sur l'Europe. Bénéficiant des aides du Plan Marshall, la France est placée dans le Bloc Occidental. Un sentiment national et souverainiste touche les Français, ce qui pousse les Gouvernements à affirmer l'indépendance de la France, même si celle-ci reste plus proche des Etats-Unis que de l'U.R.S.S. Cette indépendance s'affirme par la création du Commissariat à l'Enérgie Atomique, et la volonté de doter la France de l'arme atomique. Cette décision est une évidence que la France est désormais une puissance indépendante, puisque les bombes atomiques sont indépendantes de l'O.T.A.N., qui rend la France militairement autonome vis-à-vis des Etats-Unis.

 Pour entrer dans l'O.T.A.N., la France s'associe au Royaume-Uni et au BENELUX en 1948. Cette décision a pour but de mieux résister au Bloc de l'Est (U.R.S.S.). C'est dans ce cadre que la France bénéficie d'une aide de guerre de l'O.T.A.N. dans son combat contre le Communisme en Indochine, puis se fait substituter par les Etats-Unis. Le cuisant échec de Dien-Bien-Phu en 1954, il est signé les accords de Genève, conférant une indépendance à l'Indochine.

Un nouvel échec à Suez en 1956, fait prendre conscience à la France de l'intérêt de la construction européenne, pour peser d'avantage sur les rapports de force de l'achelle mondiale.

Après, l'Indochine, la France doit faire face à des révoltes dans ses colonies du Maghreb. La plus importante est l'Algérie, à cause d'une forte implantation de la communauté française.

 En route vers la Cinquième République...

Une nouvelle crise gouvernementale, plus grave que les autres, a lieu le 15 Avril 1958. Elle se termine par l'arrivée d'un nouveau Gouvernement le 13 Mai 1958. Or, c'est le même jour qu'une révolte des "Pieds Noirs" survient à Alger. Ils craignent que le nouveau Gouvernement brade l'Algérie au F.L.N. A partir du 15 Mai, certains réclament le retour de l'Homme du 18 Juin. Celui-ci se déclare "prêt à assurer les pouvoirs de la République".

C'est le 27 Mai que Charles de Gaulle annonce son retour par la création d'une consultation visant à  créer un pouvoir "capable dassurer l'unité et l'indépendance du pays". Le 28, René Coty, Président de la République appelle Charles de Gaulle à devenir le nouveau Président du Conseil, et menace de démissionner s'il n'est pas investit par l'Assemblée Nationale.

De Gaulle annonce le 3 Juin la création d'un comité de révision de la Constitution...

Le projet est rédigé pendant l'été 1958, et est approuvé par référendum le 28 Septembre par référendum...

...le 4 Octobre 1958, la Cinquième République Française est proclamée.
 
 


 




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