Le 20 Avril 1792, la France déclare la guerre à la Prusse et l'Autriche. Le Maire de Strasbourg organise quelques jours après la déclaration de guerre, une fête patriotique. Reconnu pour son talent de poète et de violoniste amateur, Claude-Joseph Rouget de Lisle, également membre du régiment "Les Enfants de la Patrie" basé à proximité de Strasbourg, rédige à la demande de ses généraux et du Maire de la ville un chant de guerre.
Il écrit six couplet et compose une musique avec son violon. C'est ainsi que fut présenté le "Chant de Guerre de l'Armée du Rhin" aux généraux et au maire. Plus tard, le chant fut repris par les bataillons des Armées du Rhône et de la Loire lors d'une parade. C'est ainsi que le chant s'est répandu en France.
Le 22 Juin 1792, un médecin stationné à Montpellier, arrive à Marseille. Lors d'un bal, il chante l'hymne de l'Armée du Rhin. Emerveillée, la presse diffuse le lendemain dans les journaux les paroles. A leur montée sur Paris, les Fédérés Marseillais entonnent dans toutes les villes et autres villages ce chant qui est reprit par les civils, dont certains rejoignent les troupes.
Arrivés à Paris, les Fédérés Marseillais participent à l'attaque du Château des Tuileries... en entonnant encore le chant de guerre ! C'est ainsi que les Parisiens donnent à ce chant révolutionnaire le nom de "La Marseillaise".
Le succès de cet hymne grandissant, il fut déclaré Chant National par la Convention du 26 Messidor de l'An III (14 Juillet 1795 - durant la Révolution Française, le calendrier Grégorien fut remplacé par le calendrier Révolutionnaire).
La Marseillaise fut proscrite durant le Premier et Second Empire, ainsi que sous la Restauration. Elle est à nouveau entonnée en 1830. Hector Berlioz, en fait alors une orchestration épique, composée de solistes et d'un double chœur en la dédiant à son créateur : Rouget de Lisle.
La Marseillaise est adoptée comme Hymne National le 14 Février 1879.
Reprise de nombreuses fois par des Français héroïques, comme Sadi Carnot à Wattignies (proximité de Lille) face aux Autrichiens en 1793, ou bien Napoléon Bonaparte lors de la campagne d'Italie, afin de redonner l'espoir à ses troupes, mais encore lors de manifestations culturelles (Jeux Olympiques,...), l'Hymne National reste un symbole fort de la République, souvent méprisé lors de manifestations culturelles et sportives notamment avec les anciennes colonies d'Afrique du Nord.
Sa valeur patriotique grandira lors de la Grande Guerre (1914-1918), et sous l'Occupation lors de la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945).
Elle est confirmée comme Hymne National dans les Constitutions de la République de 1946 et de 1958. Le Président Valéry Giscard-d'Estaing, fait diminuer son tempo, afin que le chant retrouve le rythme d'orchestration d'origine... c'était en 1887 !
La Marianne
Les Lumières disaient de la République qu'elle est nourricière, protectrice, fougueuse, pacifique, guerrière, mais qu'elle est avant tout aimante... telle une femme et une mère. Très vite, la République fut représentée sous les traits d'une femme coiffée d'un bonnet phrygien. Au cours des siècles, elle est devenue sans doute l'élément le plus connue après les couleurs nationales et la devise.
Son buste commence à apparaitre dans les mairies à partir de 1870, lors de la chute du Second Empire. A cette période, selon les opinions locaux, on lui donnait un caractère révolutionnaire (port du bonnet phrygien, utilisé par les révolutionnaires) ou alors, un trait solennel (port d'une couronne de lauriers, symbole de la modération républicaine).
Aujourd'hui, Marianne est inscrite dans la Constitution comme étant symbole national de la patrie. Elle est présente sur des outils utilisés au quotidien par les Français tels le timbre-poste, les pièces de monnaie. Elle est également présente dans toutes les mairies de l'Hexagone, des DOM-TOM sous les traits de personnalités féminines (Brigitte Bardot, Mireille Mathieu, Laetitia Casta,...).
Son nom lui vient de la contraction des prénoms Marie et Anne, très répandus pendant la période de la Révolution.
Le symbole tricolore
Bien que les couleurs nationales soient déployées avec force et conviction, elles ont toutes les trois une origine bien diffèrente.
Le bleu :
Lors de son sacre à Amiens (481), Clovis fit ouvrir le tombeau de Saint Martin. Il y fit prélever un morceau de la chape bleue (cape) du Saint, en souvenir du manteau qu'avait porté le Saint avec un pauvre devant Amiens. C'est à cette période que l'étendard royal avait pour couleur le bleu.
Le blanc :
C'est à partir de 1638 que le blanc remplace le bleu sur le drapeau royal et ce, jusqu'à la Révolution en 1790. Le blanc avait une connotation religieuse, puisqu'il symbolise le divin, Dieu. Le roi, selon la doctrine officielle, voyant son pouvoir provenir directement de la main de Dieu, il était donc juste de lui rendre hommage, en arborant la couleur divine au dessus du royaume jointe à la fleur de lys, symbole royal. Il est à noter que lorsque le roi était quelque part, seul un drapeau blanc sans fleur de lys flottait... puisqu'il est le prolongement du divin !
Le rouge :
Il faut attendre le règne de Hugues Capet (Sacre en 987) pour que le rouge fasse son entrée à la Cour. En effet, il instaure une tradition que ses descendants reprendront : en plus de l'étendard blanc, les rois de France y ajoutent une oriflamme rouge-orangée.
C'est Henri IV (Sacre en 1572), qui fait associer les trois couleurs pour la Garde Royale.
Comme nous venons de le voir, les couleurs nationales puisent une origine dès le cinquième siècle. Toutefois, à tort ou a raison, l'Histoire retient la valeur révolutionnaire. C'est en effet durant la Révolution Française, que les couleurs nationales trouvent une valeur patriotique, symbolisant la Révolution et ses serviteurs. On donne alors au blanc et au rouge les couleurs de Paris. La jeune République souhaite conserver dans sa culture l'héritage du patrimoine monarchique, elle laisse au bleu le souvenir du régime royal.
Les couleurs nationales sont inscrites dans la Constitution comme étant des symboles de la République Française.
Le coq
Le coq est sans doute le symbole national le plus ancien. On le retrouve chez nos ancêtres Gaulois, ayant une connotation religieuse représentant la foi et le courage.
C'est à partir de la Renaissance, que le coq est réutilisé par les souverains. Vallois et Bourbons font peindre sur leurs portraits le coq afin de faire émerger une notion de Nation, chez les non-instruits de la France rurale. Très vite, cet animal apparait sur les pièces de mannaie, au Louvres ainsi qu'à Versailles. Pendant la Révolution, les symboles de la monarchie sont chassés au profit de ceux des révolutionnaires... le coq est conservé, mais il est coiffé d'un bonnet phrygien ! Seul Napolèon Bonaparte sous le Premier Empire le retira au profit de l'aigle. Il se targuait de ne pas vouloir s'encombrer d'un animal ne possèdant aucune force et ne représentant rien.
Louis-Philippe, Duc d'Orléans le fait apparaitre sur les drapeaux. Sous la IIIème République, le coq est installé sur la grille du Palais de l'Elysèe, aujourd'hui surnommée "La Grille du Coq". En 1989, une pièce de 20 Francs ornée du coq est frappée.
C'est pendant la Grande Guerre, que le coq fut utilisé sous une valeur patriotique : les Poilus l'utilisaient représentant la résistance face à l'aigle Prussien. C'est depuis cette période que le coq symbolise une France fèroce, opiniâtre, féconde, fière. Le coq est présent dans l'imaginaire collectif, porté haut et fort notamment par les fédérations sportives.
Fête Nationale du 14 Juillet
Au cours des premiers mois de la Révolution Française, les Etats Généraux convoqués par le souverain, refusent de se dissoudre en se proclamant Assemblée Nationale. Louis XVI renvoie Necker, ministre populaire. Le 14 Juillet 1789, c'est furieux que le peuple parisien se révolte et se dirige vers une forteresse symbole du pouvoir royal : la Bastille. Après une violente fusillade, les révolutionnaires s'emparent de la prison et libérent les quelques prisonniers. Dans les mois qui suivent, la Bastille est intégralement démolie.
Un an plus tard, le 14 Juillet 1790, la Fête de la Fédération célèbre l'anniversaire de la prise de la Bastille à Paris.
Il faut attendre la Troisième République pour que soit restaurer la célébation du 14 Juillet. Le but étant principalement de diminuer l'impact de la défaite de l'Empereur Napolèon III face à la Prusse en 1870 (Allemagne). L'accent est mis sur le sens du patriotisme et d'un hommage aux armées sous la forme de diffèrentes festivités au sein des communes françaises.
L'austérité de la Grande Guerre (1914-1918) terminée, le 14 Juillet 1919, est une grande célébration de la victoire face à l'Allemagne. Il en fut de même après la Seconde Guerre (1939-1945).
Aujourd'hui, la Fête Nationale jouit d'un énorme succès populaire s'afirmant chaque année.
Le logotype de la République Française
Depuis 1999, le Gouvernement et les institutions nationales utilisent dans chaque document officiel (lettre, rapport, loi,...) le même logo. Il se divise en deux parties :
Partie supérieure : représentation des couleurs nationales (bleu, blanc et rouge). Cependant, le blanc est représenté par l'effigie de Marianne, la figure allégorique de la France.
Partie inférieure : il y est insscrit la mention "République Française", ainsi que la devise nationale "Liberté, Egalité, Fraternité".